Vendredi 31 août 2007
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12:41
Voilà maintenant deux semaines que je suis en inde (urbaine). Le dépaysement est total, et l’adaptation pas toujours facile. Mes sens sont éveillés de façon permanente, mais mon cerveau n arrive
pas toujours à décrypter toutes les informations.
Mes yeux ne savent plus sur quoi se poser. Les rues sont toujours pleines d’hommes et de femmes qui voguent à leur occupation, au rythme indien. Les rickshaws, toujours soif d’extras, les
marchands de fruits et légumes poussant leur charrette tout les matins, les étudiants allant à la fac, le plus souvent en moto, les enfants de misères en train de faire la manche, les gardiens
restant à leurs postes toute la journée depuis plusieurs années, les agents de circulations qui tentent de donner un sens à la circulation, les shidus bénissant les maisons, les cireurs de
chaussures, les masseurs en quête de corps un peu tendu, les nettoyeurs d’oreilles cherchant la propreté intérieure… Mais le spectacle ici est bien le passage d’un occidental. On se sent observé
en permanence, comme un animal sorti tout droit des séries américaines, que les indiens regardent devant leur écran de télévision.
En inde, tout à une odeur. Les épices ou les légumes chez l’épicier, l’encens dans le rickshaw le matin, la benne à ordure commune à toute une rue, les toilettes qui sentent à l’autre bout du
couloir, la végétation tropicale, les gaz des pots d’échappements, la lourde humidité…mon nez est convoité par toutes ces nouveautés plus ou moins forte et agréable.
En ce qui concerne mon univers sonore, il est en majoritairement constitué de bruits de klaxon. En effet, en Inde, le klaxon est multi fonction. Il remplace les phares, le clignotant, le
rétroviseur, et l’agent de circulation. Certains conducteurs de taxi à Mumbai ont quasiment toujours la main posée dessus. On s’y habitue assez rapidement, mais c’est assez déconcertant les
premiers jours . il faut donc essayer de depasser ce fond sonore afin de tenter le decrypter les differents langages prononces en Marathi, Hindi, ou anglais.
Quant au goût, il reste très épicé. La nourriture indienne est vraiment particulière, mais je dois avouer que ces
spécialités sont pour l’instant plus gastriques que culinaires…que se soient des lentilles, du riz, c’est avant tout du piment ou du curry. Il n’y a pas vraiment beaucoup de légume, et la viande
se limite au poulet, ou, de temps en temps, au mouton. Cependant, les mangues, goyaves, et autres fruits se trouvent facilement.
Il est donc pour l’instant assez difficile de tout comprendre. Il y a également de nombreuses habitudes à prendre, d’autres à perdre, pour s’adapter à la vie indienne. La douche à l’eau froide
tous les matins à l’aide d’un petit seau, les toilettes turcs à la fac et dans la plupart des bâtiments, l’épaisseur des matelas, surtout lorsqu’ils sont à même le sol, les billets pleins les
poches, le climat, très lourd et très humide, l’hygiène, qui est tout de même assez limité…
Mais le plus difficile les premiers jours est de comprendre le système administratif, ou plutôt de comprendre qu’il y a rien à comprendre. Il n’y a pas de règles générales, si ce n’est qu’ils
adorent les papiers, les signatures, les contres signatures, ou les tampons. L’administration est considérée ici comme un contre pouvoir, limitant les « possibles » abus du politique.
On ne peut rien faire en face d’eux, seul le bakchich permet de débloquer certaines situations.
Bref, l’inde est un pays incompréhensible les premiers jours. Il me reste tout à apprendre, et une année paraît ne pas suffire. Mais je suis persuade aue je vais me plaire ici.